Recherche particuliers pour conférences particulières

novembre 26, 2020

Certains mots font moins rêver que d’autres : agrapheuse, joint de culasse, déclaration d’impôt, rugby ou encore conférence. À peine est-il prononcé que ce mot, conférence, projette de manière pavlovienne l’image d’une assemblée engourdie subissant le discours monotone d’un prof d’histoire-géo à la retraite et les larsens d’un micro mal réglé. Cliché, vous dîtes ? L’on pourrait disserter longtemps sur l’ambivalence du cliché, cette chose fausse mais un peu vraie, vraie mais un peu fausse, pas tout à fait vraie mais pas tout à fait fausse non plus. Toujours est-il que les clichés sont tenaces et s’avèrent bien souvent, à une époque aussi pressée et pressante que la nôtre, des raccourcis hélas préférables à la réalité. Il me semble en effet que de trop nombreuses personnes n’osent se rendre à des conférences par crainte, légitime mais irrationnelle, irrationnelle mais légitime, de s’ennuyer ou de ne pas se sentir à leur place. Pas plus qu’il ne leur viendrait à l’idée de pousser les portes d’un musée ou d’un opéra. Ce constat, celui d’une certaine résignation intellectuelle forcée, perdure malgré les tentatives, heureuses ou malheureuses, de rendre la « culture accessible à tous ».

Je n’ai pour ma part aucune prétention à rendre quoi que ce soit accessible à quiconque avec mes conférences particulières. Seule m’anime la perspective d’éclaircir et de divertir des personnes pendant une heure avec des sujets qui, à priori, ne les captive pas plus que ça. Abolir les idées reçues et désalgorythmer les cerveaux, telles sont mes intentions. De sorte qu’à l’issue de mes conférences et ce, quelle que soit la thématique abordée, vous soyez en mesure de revoir votre propre copie, votre propre façon d’écouter la musique et d’appréhender les groupes qui la font.

Quelques exemples pour illustrer mon propos. La conférence « Geoff save the Queen » n’est pas une messe à la gloire du groupe. Je ne suis ni témoin de Jéhovah, ni témoin de Freddie Mercury, Queen n’a clairement pas besoin de moi pour recruter de nouveaux adeptes. Les enjeux de cette conférence sont pluriels mais s’il ne devait y en avoir qu’un (there can be only one), il s’agirait, au delà du contre-récit que je me plais à faire de la carrière de Queen, de démontrer la façon dont l’indutrie musicale nous empêche d’apprécier les groupes à leur juste valeur. Sans transition, les conférences « Karma chameleon » et « I want to pop my bicycle » puisent dans les innombrables liens que je me suis efforcé à recenser entre la musique et respectivement, les animaux et le vélo. Les conférences « The bright side of the moon » et « Song for the deaf », annoncées en chantier sur le site, sont envisagées sur ce même principe, celui de jeter des ponts entre, pour l’une, la musique et l’espace, et, pour l’autre, la musique et le handicap. Peu importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse. Je ne suis pas loin de penser que tous les sujets sont labourables à condition que l’intention soit aussi bonne, bonne, bonne que la musique.

Après avoir longuement cherché un sobriquet à mes conférences, j’ai décidé de les affubler de l’épithète « particulières ». Le compromis me semble honnête : le mot « conférence » renvoie à un décorum dans lequel je me fonds malgré tout (son, images, vidéos, micro qui larsen) et l’adjectif « particulières » annonce leur couleur personnelle, subjective, singulière. Le dictionnaire ne nous dit rien d’autre quand il définit ce qui est particulier : « qui appartient, est affecté en propre à quelqu’un, à quelque chose ». Enfin, le double sens de ce mot ne pouvait mieux tomber puisque je déclare solennellement et officiellement être candidat à tous les salons, les appartements et les maisons de particuliers pour faire tourner mes conférences particulières. Pour les détails logistiques, voir en MP comme l’on dit sur les réseaux sociaux.

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