It’s NA ! or never

décembre 2, 2020

C’est un EP qui dure à tout casser 20 minutes et c’est assez pour, en l’occurence, tout casser sur son chemin. Les certitudes, les frontières, les branches et les coeurs ploient sous la puissance invisible de Matiti, le premier EP de NA ! qui n’a pas volé son point d’exclamation.

Matiti commence en berceuse et s’achève en réglement de comptes. Les boucles sont bouclées. Des nouveaux-nés aux bientôt-disparus, des personnes que l’on accueille à bras ouverts à celles que l’on congédie, NA ! convoque les esprits, les cycles et les éléments. Peu importe où ce disque a été conçu, il suffit de prononcer son nom, Matiti, pour ouvrir, tel un sésame, les portes des havres et des asiles dont nous rêvons intimement. Paraît que rien ne se perd, que rien ne se crée et que tout se transforme. La formule du chimiste Lavoisier va comme deux gants à NA ! qui échaffaude sa musique tel un herbier fait de soupirs, de craquements, de crissements et de caresses patiemment scotchés. À l’instar des cordes qu’elle semble avoir un don inné à faire justement vibrer, NA ! frotte autant là où ça guérit qu’elle ne pince là où ça fait déjà mal. Adjugé ? Vaudou. Matiti résonne comme une lointaine cérémonie qui exorcise les démons et ragaillardit par son feu de joie. Pendant que la plupart des groupes se croient obligés de teaser des EP que personne n’attend (avec stratégie de communication et rétroplanning de six mois à l’appui évidemment), Matiti nous tombe dessus comme le fruit de l’arbre, aussi mûr et accompli qu’un disque à part entière. Des innombrables traits d’esprits que le patronyme de la chanteuse NA ! appelle, il est raisonnable de se censurer et de ne retenir que celui-ci : it’s NA ! or never.

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