Flocon vous parle d’Ineige

novembre 12, 2022

Les icebergs s’étiolent, les ours polaires sont en burn-out, la Mer de Glace fout le camp et pourtant une bonne nouvelle point au milieu du dérèglement climatique : Ineige.

Les sports d’hiver m’ont toujours gonflé. Trop véloces, trop dispendieux, trop ostentatoires. La seule fois où j’ai pris du plaisir à chausser des bâtons, c’était en compagnie d’un ami, que dis-je, de l’ami, qui m’initiait aux joies frugales et contemplatives du ski de fond. Quel plaisir de se laisser glisser comme un pingouin loin de l’hystérie des pentes et des chronomètres. Le ski de fond, c’est l’anti-performance par excellence. C’est doux, c’est délicat, c’est sensible, c’est étincelant. Un peu comme les chansons d’Ineige.

Depuis son premier EP « Cirque » sorti en septembre 2019, le groupe diffuse ses nouveaux titres avec une parcimonie rare. « Murmures » en juin 2020, « Apaisement » en septembre 2021 et surtout, surtout, surtout, « Phoenix » en février 2022. À vrai dire, c’est cette dernière chanson qui est à l’origine de l’écriture de ce papier. La légende de l’oiseau fabuleux qui vivait plusieurs siècles, se brûlait lui-même sur un bûcher et renaissait de ses cendres, Ineige se l’approprie dans une prodigieuse version live de sept minutes. On y retrouve tout le lyrisme, la poésie et la fantaisie des allégories enseignées en fac de lettres. Après avoir bravé le feu, le vent et les ténèbres, le Phoenix d’Ineige revient également à la vie comme pour mieux nous inciter à le réécouter aussitôt.

Breaking news, le groupe sort le 1er décembre prochain « AIR », son deuxième EP. Une histoire d’éléments, encore. Je n’ai pas eu l’occasion de l’écouter mais fais ici le pronostic qu’il sera aussi revigorant que son titre le laisse présager. Parfois, la météo dit vrai.

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